3. INJUSTICE

L'injustice

 

               I.      Les soit disant « inkiko gacaca », ce terrain de mensonges :

v    Où les uns nient leur rôle dans le premier génocide et ce qu'ils ont pillés chez les pauvres tutsis qui se faisait massacrer à l'époque

 

v    Où certains de ces derniers réclament ce qu'ils n'ont jamais possédé ou accusent à tord son prochain uniquement pour vengeance ou règlement de compte personnel.

v    Où le deuxième génocide n'est jamais évoqué !

 

Mais ce qui m'a fait tiré cette conclusion de « terrain de mensonges », c'est un procès auquel j'ai assisté mercredi le 19 mars dans la salle polyvalente de Butare sur un certain Sekamana accusé du génocide.

Je t'assure, je ne m'y connaît pas en justice mais, c'est la première fois que je vois quelqu'un sur le bas des accusés alors qu'il n'y a pas d'accusateurs !

Le prévenu lui aussi a posé la question aux juges qui se disent « inyangamugayo » (c'est à dire « sages ») de savoir où sont ses accusateurs ? Les juges lui ont dit qu'il était accusé par nous tous les rwandais . Admettons que ç'avait un sens, car le génocide a été commis sur les rwandais et chaque prévenu nous doit des explications et éclaircissement sur ce qui c'est passé réellement et comment sont mort les nôtres et ou sont leurs corps.

Mais là où le bas blesse, les fameux juges ont joué aussi le fameux rôle d'accusateur.

 Ce prêtre au lieu de célébrer la messe de Pâques, il a passé Pâques derrière les barons. Remarquez ça n'a rien d'étonnant mais ce qui m' a étonné, c'est le déroulement du procès caractérisé par la partialité des juges :

 

Sekamana a eu bon expliquer :

Qu'il a caché 6 tutsis (si je m'en souviens du nombre) qui ont tous survécus ,

Qu'il a été à la barrière dans le but de les couvrir et protéger aussi sa propre vie, qu'il voulait suivre des événements de près pour savoir comment aider au mieux ces personnes qu'il cachait .Ce qui a tout à fait un sens quand je pense que chaque homme était obligé d'aller à la barrière. C'était ça ou la mort ! et qu'en fonction de ce qu'il entendais à la barrière , il rentrait et changeait de positions aux concernés. Je ne sais pas toi , mais moi, j'ai trouvé ça admirable !

 

Qu'il a un jour donné des goyaves(fruits) aux interahamwe  et les denrées alimentaires pour qu'ils n'envahissent pas sa maison(ce qui avait été arrivé précédemment) et tomber sur les personnes cachées et aussi pour s'acheter en quelque sorte et gagner ainsi leur confiance.

Les juges lui ont dit que c'était impossible que les gens avec qui il était sur barrière puissent  casser son portail et entrer chez lui par force. Mais je t'assure la seule personne qui oserait dire ça, c'est celle qui n'était pas là pendant le génocide pour voir de quel esprit du mal les tueurs étaient animés ou qui refuse tout simplement de comprendre la vérité pour ses intérêts propres comme la vengeance par exemple. Si non dis- moi comment un tueurs qui, après avoir tué quelqu'un  s'emparait de ses vêtements et pillait ses biens, hésiterait à casser le portail pour s'emparer des vivres et des fruits en question ?

 

Sekamana a confessé que lors de l'invasion( l'incident cité plus haut), un de ses ouvriers « tutsi » a été pris en son absence et lorsqu'il est arrivé il ne pouvait rien faire pour lui car on l'avait déjà embarqué . A votre avis, dans les circonstances du génocide, est-il possible d'accuser quelqu'un de la non assistance à personne en danger ?

 

Le pire de tout ça, fut un cadavre(les ossements) qui fut  trouvé tout près de chez Sekamana lors des travaux de renouvellement du portail ci-haut cité.

Celui-ci affirme ne pas savoir la personne en question, ni qui, ni quand elle a été enterrée là ! Mais chose étonnante, il y avait un des personnes qui ont survécu chez le prêtre, qui nous avait dit à l'extérieur avant l'audience que lorsqu'il est revenu dans la zone occupé par le « fpr », il a vu des nouvelles mottes de terre à cette endroit précis et il a ajouté : « ce sont les inyenzi qui l'ont tué ! ». Je rappelle que le mot « inyenzi » (cafar) est une appellation péjorative que les ex-militaires rwandais donnais aux militaires de fpr. Quand celui–ci a voulu témoigner le jury lui a refusé la parole ! La seule chose qu'il a pu dire c'est « si vous voulez emprisonner Sekamana, emprisonnez-moi avec lui » ! Et on lui a mis dehors et un « local defence force » fut mis en place pour lui empêcher de revenir dans la salle. Sous prétexte qu'il est dérangé ! Si même il l'était, il n'y a que les enfants, les sages et les dérangés qui disent la vérité.

Alors une question fut posée par l'un des juges au sourire narquois : « s' il y a une personne ici qui prétend qu'il y a eu des tueries après avril 1994 qu'il se lève et qu'il le dise » ! Je te l'avoue c'est lâche mais personne n'a pas osé ! même moi, car je n'ai pas voulu être emprisonnée au Rwanda, moi qui n'étais là que de passage ! Mais je murmurais lâchement tout bas à la personne qui était à coté de moi et je lui disais : et alors où est ma tante Euphrasie ? où est Nsabimana ? où est Muremangingo ? ou est Rwagaju ,…Ces derniers  sont tous morts dans le courant de vengeance d'après génocide !!!!!

 

Ça m'a rappelé cette histoire de Gasiramu (rescapé du génocide), qui après avoir tué par vengeance ses voisins, aurait amené les corps dans le champs d'un de ses voisins ; ce dernier fut arrêté et accusé du génocide de ces fameux corps en question. Les accusateurs seraient venus demander à la personne qui travaillait chez lui comme boy (« tutsi ») qui y a survécu à l'époque, de venir témoigner contre son ex-employeur, celui-ci refusa et fut à son tour emprisonné pendant plus d'une dizaine d'année. Il lui aurait été dit que s'il n'accuse pas faussement son employeur, il ne sera pas libéré. Même peu avant le procès de ce dernier, le Ministre de la soit-disant justice Mucyo aurait été venu le trouver pour lui demander le même service ! Mais les gens courageux existent encore !!! Il aurait expliqué à la cours que les corps en question ont été déposés par Gasiramu. Etrange non ?

 

Tu te souviens Paul qu'un proverbe rwandais dit qu'on ne peut pas brûler une maison et cacher la fumé ?! Et moi je conclu après analyse que notre témoin qui n'a pas été entendu avait peut-être raison, la personne a été tué par tes militaires et déposée là dans un but bien précis : avoir la peau de Sekamana ,si non je ne voit pas d'autres options et toi ? En moins qu'elle soit morte d'une mort naturelle mais alors qui a pu la déposer là ?

 

Pour tout te dire, je suis rentré révoltée, je n'ai aucun lien avec le prévenu sauf qu'on est tous descendants d'Adam , toi y compris et Jésus nous dit dans la bible d'aimer Dieu de tout notre cœur, force, âme, esprit et d'aimer le prochain comme nous-même ; c'est pourquoi si on m'avait demandé ou même si on me demandait de tirer la conclusion du déroulement de ce procès , j'aurait dit et je dirai comme le disent souvent les rwandais : « on ne discute pas avec celui qui vous enterre » !!!

Comme les juges avaient dit que ce sont nous les accusateurs, en tout cas moi, j'étais satisfaite des explication de Sekamana.

Car :

Si Sekamana avait une haine contre les « tutsis » , il n'aurait pas risqué sa propre peau pour les cacher chez lui, il n'aurait engagé un tutsi comme ouvrier.

 

S'il a avoué et regretté ne pas avoir pu sauver son ouvrier et préciser les conditions dans les quelles il est mort, il n'aurait pas dissimulé et caché l'existence du cadavre dont il est question ci-haut.

 

Je trouve qu'il a été courageux de sauver autant de vies humaines car moi j'ai essayé en vain pendant la tragédie.

 

Par ailleurs, j'ai essayé de prendre la température dans la salle, il y avaient des gens qui ont encore de la haine et soif de vengeance. Je les comprend , j'ai une idée de ce qui  leur ont été infligé pour avoir moi même vécu l'enfer sur terre (mais c'est rien, je ne serai pas dépaysée quand je ferrai mon escapade en enfer pour arracher les couilles à Satan et lui faire regretter ce qu'il a infligé et inflige aux descendants d'Eve !) et je sais en plus que pardonner c'est un acte de bravoure. Mais il faut bien passer le cap de la vengeance, c'est même là, un des objectifs de ma lettre. Je voudrais vous rappeler qu'avant d'être « tutsi » ou « hutu », on est frères et être humain.

 

             II.       Chantage utilisé aux prisonniers, qui consiste à avouer les crimes qu'ils n'ont pas commises contre leur libéré.

 

           III.       Les personnes innocentes sont encore en prison ! Tu aurais récemment  jeté  en prison à peu près une centaine de personnes dont tu aurais rapatriées de force de l'Ouganda sous prétexte qu'elles collaboreraient avec tes opposants et même si ça avait été le cas, elles en ont complètement droit, car personne n'est obligée à adhérer à tes idées (surtout s'il ne construisent pas !). Par contre elles, elles ont droit à l'asile dans un pays à leurs choix, sauf qu'à mon avis elles sont mal tombées. Il ne fallait donc pas y toucher.

 

          IV.       J'ai jamais su ce que avait fait Pasteur Bizimungu pour être emprisonné ?

 

             V.      Comment va le vieux Kanyarengwe ?

 

          VI.       Pourquoi piétine-tu la liberté d'expression en emprisonnant les journalistes comme c'est le de ceux du journal privé « umuseso ».

 

        VII.       Qu'as-tu contre l'Eglise ? Que suis bête , la persécution des croyants n'est-ce pas ? Tu t'es rangé du côté de la bête !

 



Article ajouté le 2008-06-28 , consulté 54 fois

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